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Un blog sur la nourriture et l'aventure

Un seul regard sur San Francisco

Voilà une semaine que mes nuits sont à San Francisco. Difficile de s’exprimer sur cette ville sans répéter ce qui mille fois fut dit par d’autres, écrit par d’autres, chanté par d’autres.

Cet endroit a quelque chose qui ressemble à la maison. Cet endroit a quelque chose qui ressemble à chez-soi. Aucune distance ne s’impose entre cette ville et celui qui s’y rend. La poésie est partout. C’est ce qui m’a frappé en premier en arrivant ici. C’est comme si les émigrants de la Ruée vers l’Or, en avançant d’Est en Ouest, avaient accroché à leurs semelles de vent la beauté des espaces naturels de ce pays afin de polliniser le sol d’une poésie singulièrement américaine. Elle s’est alors mariée avec la richesse des cultures précolombiennes et espagnoles pour éclore d’une ville aux couleurs enivrantes.

Quand j’étais à New-York, souvent je m’arrêtais en marchant, frappée par l’immensité et le gigantisme. Ici j’ai l’impression de m’arrêter pour le détail, l’insignifiant. Un arbre auquel on a accroché des rubans, des photographies jaunies agrafées à la façade d’une maison, des mots que l’on se laisse à la craie sur des bouts de trottoir. Les habitants de cette ville semblent s’approprier l’espace comme lieu de créativité. Je rêverais d’un Paris aussi libre.

Souvent quand des amis viennent nous voir dans notre appartement du 19ème et qu’il est l’heure pour eux de rentrer, nous leur conseillons de se rendre au métro de la Place des Fêtes par les rues Emile Desvaux ou Paul de Kock. Ce sont deux rues aux maisons belles et pittoresques qui rappellent les villas de la Mouzaïa ou de La Campagne à Paris. Oui, deux rues. Je pense à cela car à San Francisco, il serait bien difficile de conseiller quelconque itinéraire pour voir de jolies maisons. Les bâtisses victoriennes sont partout et rivalisent de somptuosité. Je suis incapable de dire où j’ai croisé telle ou telle maison tant chaque rue en possède.

Il ne reste plus que huit jours et cette aventure américaine touchera à sa fin. Elle n’aura pas été cependant exempte de difficultés. Je n’étais pas si bien préparée que cela à voyager seule. Mon amie travaillant la journée, c’est accompagnée de moi et de moi-même que je vois toutes ces choses magnifiques. Je ne suis pas de celles que la contemplation silencieuse satisfait. J’aime m’exclamer, rire et faire le zouave. Je rencontre des inconnus et toujours ces échanges s’inscrivent en moi et dans le voyage. Mais c’est la présence de ce que l’on aime qui manque quand nos yeux sont extatiques de joie. Je ne suis pas une fille solitaire et il m’aura fallu venir ici pour le comprendre. Le chemin est le voyage.

Il me reste huit jours à vivre en Amérique. Aujourd’hui j’ai déjeuné de pancakes au sirop d’érable. Une fille venait me resservir du café, mais elle n’avait pas de rollers aux pieds. Cet après-midi je me rends à Japantown où Elsa m’y rejoindra. Ce sera le début d’un week-end de trois jours en raison du Labor Day ce lundi 5 septembre. Nous marcherons dans la nature, nous ferons un pèlerinage beatnik, nous irons à deux concerts, nous boirons quelques cocktails. Je savourerai d’être avec elle car la distance nous sépare et se traduit en années d’absence. Il m’aura fallut faire tous ces kilomètres pour la voir. Il m’aura fallut me rapprocher de celle qui me manquait tant pour réaliser qu’aujourd’hui, tout le monde me manque. Le chemin est le voyage.

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