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Un blog sur la nourriture et l'aventure

Faire rentrer l’univers dans un seul sac à dos

Publié le

Il a toujours été question de partir en Amérique, mais c’était quelque chose d’aérien, de loin, de fantasmé. Et voilà que nous y sommes, que c’est après-demain.

J’expérimente depuis quelques jours la peur de partir de la maison pour un moment. Que, quoi qu’il se passe, je n’entendrai ni le parquet grincer, ni le chat miauler. Que, quoi qu’il se passe, il faudra faire sans l’odeur de la chambre et le vent sur le balcon. C’est le départ qui est difficile, une fois là-bas, j’oublierai le chat.

Je n’ai jamais eu à préparer de long voyage. Je suis partie après ma classe préparatoire littéraire, un peu moins de deux mois dans le sud de l’Angleterre où vit ma sœur aînée. J’y allais pour travailler. Ma valise avait été un échec mémorable. Que de l’inutile ou de l’immettable. Moralité, j’avais dépensé beaucoup de sous sur place à m’acheter des vêtements que je n’ai pour la plupart absolument pas portés en France.

Riche de ma petite expérience mais aussi de divers conseils d’amis, pages de blog et guide du parfait voyageur, je suis sur ma valise depuis deux semaines. Une valise mentale, faite de mille et une liste. Listes de listes. Listes de listes de listes. Mais hier, j’ai commencé à remplir le sac de toutes ces listes.

HYGENE ET SANTE

cosmétiques, brosses et pinces, huiles essentielles, petite pharmacie

Je n’ai pas pris de shampoing, ni de savon ou toutes ces choses encombrantes qui sont toujours mouillées quand il est l’heure de faire son sac. Ce sera pour moi l’occasion de me rendre au Whole Foods Market et d’acheter de quoi me laver comme une bonne américaine qui consomme BIO et aime les animaux.

ELECTRONIQUE

chargeurs divers, ordinateur, adaptateur, multi-prise, écouteurs, clé USB, cartes SD, piles, sèche-cheveux

Je n’avais pas l’intention de prendre mon ordinateur portable. Je m’imaginais avec un chapeau, dans le vent chaud et froid de Californie, armée d’un carnet jauni et d’un crayon de bois. Je tolérais dans mes images de l’Amérique, une machine à écrire. Et puis j’ai lu des récits de voyages en ligne, des blogs de voyageurs, et j’ai eu envie de bloguer de nouveau. J’ai donc décidé de prendre l’ordinateur et d’accepter d’actualiser un peu mes images mentales de Beat Generation.

PHOTOGRAPHIE

Fujifilm Instax 210 (pour faire des polaroïds), Fujifilm FinePix JZ250 (pour le numérique), GOPRO

La courses aux appareils a été assez épique ces dernières semaines. Il est incroyable de constater le nombre de gens qui postent des annonces sur LeBonCoin mais ne répondent jamais aux mails. J’ai passé mon temps à actualiser des pages, à lire des fiches techniques d’appareils en tout genre en attendant qu’un vendeur enfin entre en contact avec moi. Le plus difficile aura été de trouver un appareil instantané Fujifilm Instax d’occasion. Il y a en a beaucoup en ligne, mais très souvent il s’agit d’Instax Mini. Ces appareils permettent de faire des instantanés de la taille d’une carte de visite. Je n’aime pas vraiment ce format, pas pour un voyage en tout cas. Je voulais le format au dessus, le format Wide (qui sonne comme Wilde dans ma tête). Heureusement j’ai fini par trouver l’objet de mon désir, au Cash Express d’Alésia ! Merci à Philippe.
Pour ce qui est du numérique, je ne voulais pas prendre mon appareil Reflex qui est assez volumineux (un Canon EOS 1000D). Le Fujifilm Instax 210 étant déjà un sacré parpaing, j’avais en tête de trouver un compact à glisser dans mon sac à dos. J’ai retourné Internet et j’ai fini par me trouver un Fujifilm FinePix JZ250 16 Millions pixels à 20€ ! La belle affaire ! Je me suis dit que ce serait très bien comme ça. Et puis il fallait économiser un peu sur le matériel quand on sait le prix des pellicules instantanées (compter 12€ les 10 photos en France, 8€ les 10 photos au B&H de New-York). Merci à ma mère qui a participé au financement des tonnes de polaroids qui vont naître durant mon voyage. Les photos de cet article sont prises avec mon téléphone portable, et ce n’est pas brillant ! La photo ci-dessous, trouvée au fond de la boîte de l’Instax, montre bien que le Cash Express teste ses appareils.

ECRITURE

carnet noir d’écriture courante, petit carnet de notes, un crayon de bois, deux critériums, mon stylo à plume, un stylo gel noir, un stylo feutre noir, une gomme, des ciseaux, un tube de colle

C’était l’incompressible. Ma liste des fournitures scolaires, parce que j’ai toujours adoré les listes de fournitures scolaires. Le crayon de bois c’est pour les notes, les critériums pour les dessins gribouillés, le stylo à plume pour la correspondance, le stylo gel pour remplir le carnet d’écriture, le stylo feutre pour noter des choses sur les polaroids, les ciseaux et le tube de colle pour décorer mon carnet de choses très importantes comme des étiquettes de bières ou des papiers gras de hamburgers.

LECTURE

Ce n’est qu’hier que j’ai vraiment réfléchis aux livres qui m’accompagneraient. Depuis le début, il était question de lire Richard Burton : Voyages du capitaine Burton; à la Mecque, aux grands lacs d’Afrique, et chez les Mormons. Abrégés par J. Belin-De Launay d’après le texte original et les traductions de Mme. H. Loreau. J’ai acheté cette édition de 1881 à la librairie Cartouche de Jourdain. L’érudit libraire à lunettes m’a écouté parler du Journal de bord du Voyage du Beagle 1831-1836 de Charles Darwin qui m’accompagne depuis plusieurs semaines et m’a suggéré de lire Richard Burton. Il a grimpé sur son échelle pour m’attraper cette édition reliée cuire avec laquelle il était lui-même parti en Éthiopie. Impossible de refuser, j’étais alors prête à embarquer pour une destination lointaine.

Mais hier, je réfléchissais quelque peu et je me souvenais qu’il est parfois difficile de lire cette littérature du milieu du XIXème siècle. Peut-être difficile durant 8h30 de vol, ou dans le bruit de l’aéroport. J’ai donc pensé qu’il me fallait deux autres livres de secours. Je prends avec moi Un lieu à soi de Virginia Woolf que n’ai pas terminé et vais donc reprendre depuis le début. Ce voyage est pour moi lié à beaucoup d’écriture, il est temps que Virginia chuchote plus fort à mon oreille.

Je prends pour finir Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi. Je l’ai déjà lu mais c’est un coin de sûreté dans lequel il est bon de se lover. C’est fluide et ressourçant.

J’ai peine à partir sans Richard Brautigan, mais l’Amérique est pleine de libraires et de bouquinistes… Pour Kerouac, il est déjà partout dans ma tête, je dois couper le cordon.

  • Voyages du capitaine Burton; à la Mecque, aux grands lacs d’Afrique, et chez les Mormons de Richard Burton
  • Un lieu à soi de Virginia Woolf
  • Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

VÊTEMENTS

De toute évidence, la partie la plus difficile. J’étais certaine de prendre trop de choses, alors j’ai décidé de trancher sévèrement dans le tas. J’ai essayé de réfléchir en termes de tenues. Un nombre limités de vêtements, interchangeables, qui constitueraient le maximum de tenues différentes en s’associant les uns aux autres. Je suis plutôt contente du résultat sur le papier. Le linge propre sèche dans la salle à manger… je vois déjà poindre au loin le manque de place. Je prends même mes talons Pierre Hardy qui me gêneront tout le voyage, sauf le jour du mariage, le mariage de mon cousin.

Voilà comment j’ai préparé ce sac beaucoup trop grand pour moi. A côté de ça, je note des itinéraires, j’enregistre des adresses de musées, de fromageries, de parcs, de restaurants. J’imprime des notes et des cartes, je gribouille.
A côté de ça je suis la politique américaine pour être au fait des campagnes et j’ai lu Atlas des Etats-Unis un colosse aux pieds d’argile de Christian Montès et Pascale Nédélec, Cartographie de Cyrille Suss pour en apprendre davantage sur ce pays. Merci Laurent pour ce cadeau. Ouvrage passionnant (que j’emporte d’ailleurs avec moi).

A côté de ça, je tente de prendre le temps de respirer, de profiter en pleine conscience de cet avant-voyage. J’essaie de me dire que ce sera fabuleux, et qu’il ne faut pas avoir peur de partir.

Merci à Philippe, à Adrien, à Ayanne, à Louise, à Elsa, à Ivy, à Laurent, à Benjamin, à Sylvain, à Geoffrey, à Olivier, à Susan, à Julie, à Anne, aux Valentine et à ma Maman. Merci à France Culture et Christophe André.

Après avoir quitté le monde de la Communication, je découvre l’univers de la Fromagerie en tant que crémière-fromagère à Paris durant 3 ans. Aujourd’hui à mon compte, j’écris et je communique sur le fromage et l’art culinaire en général.

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